Skip to main content

Une jeune journaliste du Cameroun parle de sa profession

Monica Nkodo n'a peut-être qu'un quart de siècle mais elle a la tête bien faite. Diplomée d'un Master professionnel en Journalisme Sportif, elle vous dupera certainement avec son allure innocente d'adolescente. 

Monica Nkodo (Photo: Nkodo)

En effet, cette amoureuse de la littérature est un reporter au service 'Culture et Société' de Cameroon Tribune depuis quatre ans. Cameroon Tribune est le quotidien national bilingue du Cameroun.

Etre un reporter de sport est un rêve que Nkodo espère réaliser bientôt. Elle ne changera pas de métier, mais sûrement de pays pour le faire. Si le sport est sa passion, Nkodo avoue aussi qu'elle "adore bavarder." Alors pourquoi ne ferait-elle pas dans un français correct et une grammaire parfaite? Nkodo explique le choix de la profession qu'elle exerce fièrement.
J'ai choisi le journalisme comme profession pour parler de football, ma passion. Bien que pour le moment, je ne le fais pas encore. Mais j'attends mon heure!
En 2005, Nkodo obtient son Baccalauréat A4 Allemand au Collège de La Retraite à Yaoundé, Cameroun. Vice-major de la première promotion de journalistes sportifs formés à l'ESSTIC, elle obtient son Master avec une moyenne finale de 15/20. L'ESSTIC est l'Ecole Supérieure des Sciences et Techniques de l'Information et de la Communication. Avant son Master, elle a eu un Diplôme supérieur des sciences et techniques de l'information et de la communication (Dstic) où elle  était major  (première) de la 36e promotion.


Ses modèles parmi lesquels Pedro Pinto (CNN), Alexandre Ruiz, Jean-Charles Sabatier (Canal +) et le défunt Thierry Gillardi, sont essentiellement des hommes .
J'aspire à devenir une commentatrice sportive, et les meilleurs dans le domaine sont des hommes. C'est ainsi, même si un jour, j'espère que les femmes vont se démarquer dans cette profession. 
En Afrique en général et au Cameroun en particulier, l'exercice du journalisme est très souvent incomprise, voir méprisée par le grand public. Nkodo plaint le fait que ses collègues et elle-même soient considéré(e)s comme des "mendiants" à cause du "gombo."

Le "gombo"  est une somme remise à un journaliste à la fin d'un reportage au Cameroun. Nkodo, qui tient à préciser qu'elle est contre cette pratique, explique  que la remise du gombo dépend des organisateurs de l'évènement. Certains ministères et entreprises l'ont déjà rendu officiel en faisant remplir des fiches aux reporters, avec leur noms et signatures.

Une absence de spécialisation que Nkodo décrit comme un "sérieux handicap" serait à l'origine du manque de professionnalisme chez certains journalistes du Cameroun. D'après Nkodo, certains de ses collègues, y compris elle-même, ne maîtrisent pas réellement ce qu'ils et elles font.

Cependant, Nkodo réclame haut et fort les honneurs qui sont dus à sa profession. Selon Nkodo, voyager et découvrir sans cesse des personnes différentes, des choses et des lieux nouveaux sont les côtés positifs du métier.
J'aime le journalisme, bien sûr. J'ai choisi de le faire. Je ne suis pas pas arrivée dans ce métier par déséspoir ou par contrainte, mais parce que c'est une profession extraordinaire, qui permet de se frotter autant aux sommites mondiales qu'à l'Homme de la rue. C'est un métier d'endurance, de volonté et de travail acharné. Des qualités que j'ai acquises au fil de mes quelques années d'exercice. 
L'endurance et la volonté de réussir sont bel et bien les armes utilisées par Nkodo pour affronter l'indifférence de certains collègues, hommes et femmes.
J'ai arrêté de réfléchir à cela [l'indifférence des collègues] depuis très longtemps. Je suppose que certains sont frustrés par mon jeune âge, car pour beaucoup, j'accomplis des choses qu'eux n'ont pas pu accomplir au même âge. 
Bien dans sa peau, Nkodo ne remarque aucune différence de traitement entre elle et ses collègues hommes, ni avec ceux qu'elle échange socialement. Si sa vie professionnelle prend la majeure partie de son temps, Nkodo, qui se définit comme "quelqu'une de très casanière," est satisfaite de ce fait. Il y a pas grand-chose qui pourrait affecter sa vie sociale.

Motivée par son amour pour le journalisme, Nkodo a la tête pleine de projets. Dans les cinq prochaines années, elle aimerait travailler pour le groupe Canal + (France) ou pour CNN, ainsi que donner des cours de journalisme dans les plus grandes écoles du monde.

Popular posts from this blog

March 8 is a special day for millenniums too

Over 100 years later, one may ask whether the celebration of the International Women's Day is still relevant today? The responses you will read below are those of four millenniums and W&A supporters. They have agreed to share their opinions with you and to explain what this special day means to them.
"The celebration of the International Women's Day is still relevant because women are still struggling to reach the gender equality. As a young African women, I can say with confidence that male dominance is still obvious in our societies. Understanding the reason behind March 8th is important for women.

Two American graduate students raise funds for South African students with The Project Ubuntu

Inspired by their recent summer study abroad program in South Africa, Elizabeth Patterson and Amber Lodman made the decision to create The Ubuntu Project upon their return to their home country, the United States of America.  The Project Ubuntu is a grassroots fundraising effort to help students of the Bachana Mockwena and Reinotswe special schools in South Africa.  Elizabeth Patterson and Amber Lodman, the two founders of the Project Ubuntu, started the fundraiser with the aim of providing funds for infrastructure building as well as dinning halls for meals. This summer of 2013, they both went to South Africa to study education and social reform.

Five powerful African women

Forbes has just released the official list of the world's 100 most powerful women of 2013. I am not sure which criteria Forbes experts used. Based on the list, they have probably included criteria such financial or diplomatic influence. However, I was disappointed to notice the insignificant representation of African women on the list. This may be partly explained by the background of those in charge of the selection.