Pourquoi l'Afrique n'assure-t-elle pas l'instruction de ses filles?


Des élèves en classe (Photo: Afriqueeducation.com)


Cette année 2017, l' Afrique se distingue en se classant comme le continent ou les filles ont le moins accès à l'éducation dans le monde entier avec 9 pays sur la liste des top 10 derniers. A part l'Afghanistan en Asie, nous avons donc le Soudan du Sud, la République centrafricaine, le Niger, le Tchad, le Mali, la Guinée, le Liberia, le Burkina Faso et l’Ethiopie. Après avoir lu ce classement, je me suis demandée: pourquoi l'Afrique n'assure-t-elle pas l'instruction de ses filles?

Bien que cette situation n'est pas unique au continent africain et particulièrement aux pays africains cités plus haut, l'Afrique néglige clairement l'instruction de ses filles. D'après Jeune Afrique, il y avait 28 millions de filles privées d'éducation en Afrique en 2016!

Mon premier réflexe était celui de condamner les governements africains. Certes, les gouvernements jouent un rôle important dans la scolarisation des filles africaines. Mais en réalité, les gouvernements reflètent leurs peuples. Donc si je dois condamner les gouvernement africains, c'est en fait chaque adulte responsable d'une fille africaine que je dois condamner.

En fait, le problème est profond. A mon avis, il revient à  chaque père, chaque mère et tout adulte  responsable d'assurer le bien-être et le futur d'une fille africaine de veiller à sa réussite scolaire. Je pense aussi aux frères et soeurs ainé(e)s, aux oncles et tantes mais aussi aux époux, aux enseignant(e)s qui par leurs actions et leurs paroles ne soutiennent pas le rêve d'une fille ou d'une femme qui souhaite obtenir ses diplômes secondaires ou universitaires.

De nombreuses personnes se demandent pourquoi l'Afrique reste pauvre. A mon avis, l'Afrique restera pauvre tant qu'elle ne s'occupera pas de ses filles. 

Par exemple, un bon nombre des membres de ma famille m'ont conseillé de ne pas poursuivre de longues études universitaires et d'investir mon energie dans la recherche d'un mari pour fonder un foyer. Selon ces personnes, une femme avec la tête bien pleine aura dû mal de trouver un conjoint.

Les femmes plus instruites que leurs maris sont encore perçues comme des menaces au Cameroun et dans d'autres pays africains; ce sujet est discuté dans l'émission télé camerounaise Paroles de Femmes. En décourageant les filles et les femmes africaines de poursuivre les études supérieures, l'Afrique est ainsi privée d'un grand nombre d'ingénieurs, d'avocats et de docteurs .

Au lieu de passer ce genre de messages à nos filles et fils en Afrique, nous devons encourager nos filles africaines à aller aussi loin qu'elles veulent sur le plan académique. Nous devons aussi leur dire qu'acquérir un second diplôme universitaire ne les empêchera pas d'être une bonne épouse et mère. Nous devons aussi éduquer nos fils africains qu'une femme avec la tête bien pleine leur apportera beaucoup. Si jamais, leurs épouses est plus éduquées et gagnent bien plus qu'eux, leur virilité et leur status social ne seront pas négativement affectés.

En plus de changer nos mentalités, nous devons prendre en compte les difficultés que font face les filles et les femmes. Les familles, précisement les mères, doivent cesser de surcharger leurs filles avec de nombreux travaux domestiques. Tous comme leurs frères, les filles doivent être ménagées à la maison. D'après l'UNICEF , les filles consacrent chaque jour 160 millions d'heures de plus que les garcons aux tâches domestiques. De plus, les jeunes filles font face à de nombreux obstacles tels que des aggressions en chemin apres avoir marcher plusieurs kilomètres, des absences pendant leurs menstruations fautes d'équipement adaptés à leurs besoins sanitaires.

Je me rappele une ancienne camarade dont les menstruations douleureuses l'empêcher de poursuivre les cours normalement pendant plusieurs jours. Bien que ce problème revenait chaque mois, j'étais impuissante et triste de voir que les responsables de notre établissement scolaire ne faisaient pas grande chose pour accomoder sa condition. On lui demandait toujours d'aller d'abord à l'infirmerie. Les responsables lui permettaient de rentrer à la maison lorsqu'elle ne pouvait plus supporter. Souvent, un(e) camarade devait la soutenir pour qu'elle se deplace pendant ces quelques jours.

Les établissements scolaires doivent aussi arrêter d'interrompre l'instruction des jeunes filles qui sont enceintes pendant l'année scolaire et prévoir des alternatives pour ce genre de situations. Aux dernières nouvelles, la grossesse n'est pas une maladie contagieuse. De plus, ces jeunes filles portent souvent l'enfant d'un de leurs camarades de classe qui ne sont généralement pas humilies et exclus.

Dans tous les cas, nous devons assurer une meilleure éducation sexuelle à nos filles et fils en Afrique. Nous n'allons pas les empêcher d'être sexuellement actifs (actives). Autant mieux, avoir des conversations honnêtes au sujet du sexe surtout pendant leur adolescence.

Quand une jeune fille tombe enceinte, les établissements scolaires décident souvent de suspendre leurs cursus scolaires. Comme si cela ne suffisait pas, les parents (les pères surtout) arrêtent de financer l'éducation de leurs filles. Permettre qu'une jeune future mère continue de poursuivre son cursus scolaire la protège d'autres sources de distraction.

D'après Jeune Afrique, il y avait 28 millions de filles privées d'éducation en Afrique en 2016. 

Nous devons arrêter d'abandonner nos jeunes mamans qui sont encore sur les bancs de l'école pour abandonner leurs avenirs et celui de l'enfant qu'elle porte. C'est injuste d'utiliser une grossesse comme excuse pour mettre fin au cursus scolaire d'une jeune femme.

Selon ONE, il y a plus de 130 millions de filles ne vont pas à l’école. Parmi elles, pourraient se trouver de futures ingénieures, entrepreneuses ou  politiciennes. C’est une crise mondiale qui ne fait qu’entretenir des situations de pauvreté.

De nombreuses personnes se demandent pourquoi l'Afrique reste pauvre. A mon avis, l'Afrique restera pauvre tant qu'elle ne s'occupera pas de ses filles. Même si l'Afrique obtient  toutes les aides financières des organisations mondiales, rien ne changera vraiment tant que les parents, les ainé(e)s, les enseignant(e)s et les commaunautés négligent l'instruction de leurs filles en Afrique.

Ensemble, nous devons tacler les facteurs qui causent la non scolarisation des filles et des femmes en Afrique. Nous devons revoir nos normes sociales, la question des grossesses et des mariages précoces, et les violences à l'école. 

Comments

Post a Comment

Your opinion counts. Please leave a comment/question.

Total Pageviews